oui ça fait longtemps que j'ai pas écrit une ligne sur ce blog... ben voilà c'est fait !!!! et les autres lignes  de ce post, c'est un guest : Edouard  !!!


"Mamma Mia" ? Dithyrambique !
Critique ciné – Edouard Dia – Septembre 2008

Bien. Ce sera donc une île grecque le décor de ces joyeuses agapes, menées tambour battant ? Quand on y pense, décor original et propice au rêve, au romantisme et à la fantaisie. Avec en plus un petit côté « européen »  qui ne va pas à l’encontre des origines d’ABBA.
Face au film « Mamma Mia », les aigris ont poussé les hauts cris : hystérie, mièvrerie, scénario prétexte tournant en rond, débauche de couleurs kitsch insultant l’authenticité grecque…

Laissons-les renâcler. Moi j’ai été très surpris. J’y allais méfiant, craignant une histoire prétexte à l’introduction statique et plaquée des chansons ; première chose, la « théâtralité » des compositions de Bjorn et xxxx, que j’ai toujours sentie, a été complètement utilisée, parfaitement exploitée…

Force est de constater que pour adapter la comédie musicale à succès du même nom - dont je n’avais jamais rien vu - , ils ne s’y sont pas pris à la légère : la qualité est au rendez-vous, tant sur le fond que la forme.

On y prend en plein visage une énergie, un humour, une grâce, une audace et un panache ravageurs, cruellement absents des productions récentes, tous styles confondus. On se croirait revenu au bon temps de Jacques Demy ou de Mary Poppins !

Remercions d’abord une brochettes d’acteurs à la fête, de la sensible (I have a dream), effrontée (honey, honey) et impulsive ado qu’est Sophie, aux deux copines trash semblant tout droit échappées d’un épisode d’ab fab, sans oublier bien sûr l’étonnante Meryl Streep en mère et femme à la fois rigide, torturée, blasée, drôle, fofolle et sentimentale.
Surfant sur des dialogues à l’enthousiasme communicatif, ciselés et sémillants, souvent hilarants et émouvants, les acteurs se sont amusés, c’est manifeste, à tel point qu’ils ont bien du mal à nous quitter (voir la fin à tiroirs et la cerise sur le gâteau en bonus pailleté !), et ils parviennent « presque » à éviter tout cabotinage, mièvrerie et vulgarité excessifs, ce qui était en soi une gageure.
Chapeau aussi aux ré orchestrations imaginatives, aux plans, cadrages et mises en scènes toujours variés et léchés.
Quel plaisir inattendu que tout ce chœur de mâles musclés entonnant avec fanfaronnade et une sincérité toute lyrique le "Lay all our Love on me" de Anieta et Frida (il faut les voir et les entendre pour le croire !), auquel répond aussitôt la horde nocturne de bachelorettes en manque d’hommes qui se déchaîne en scandant le providentiel "Gimme gimme gimme a man after midnight" !

Et que dire du mythique Dancing Queen qu’il ne fallait pas rater, célébré à la hauteur des espérances, mais pas comme on s’y attendait : ça démarre en forme de délire entre copines, avant d’enfler en un crescendo collectif villageois féministe et presque émouvant, véritable hymne à toutes les femmes !
En clair, des adaptations toutes différentes, très intelligemment utilisées et amenées, toujours bienvenues, jamais artificielles, au point qu’on croirait les chansons écrites pour l’histoire - et on pardonne les infimes et presque invisibles modifs de paroles que cela a parfois nécessité (des détails) - : le Our last summer des ex-amants qui se souviennent, le Take a chance on me de la vieille louve croqueuse d’homme qui veut y croire encore au vieux loup célibataire convaincu, la déclaration finale devant l’autel ( i do i do i do !)…
Tubes et chansons moins connues mais qui gagnent à l’être (je pense à Honey, Honey, When all is Said and Done, etc…), défilent donc à train d’enfer au service de l’intrigue et au fil des sentiments des personnages qui poussent spontanément la chansonnette, alternant calmes ballades et bluettes romantiques, duos intimistes saturés d’émotion (Slipping through, the Winner) véritables clips décollant en rêves scénarisés (money money money), numéros grand guignolesques (does ur mother, Chiquititta) ou dramatiques (SOS) ou vrais shows (super trouper), sans oublier le tourbillonnant Voulez vous, et le geyser de l’orgie finale….
Mama Mia ? Quel bonheur !

mama_mia